Aucune intelligence artificielle n’a jamais remplacé un plombier en intervention d’urgence. Pourtant, 80 % des emplois qui existeront en 2035 n’ont pas encore été inventés, selon l’OCDE. Les offres d’emploi dans l’informatique progressent deux fois plus vite que la moyenne nationale, tandis que le secteur de la santé manque déjà de milliers de recrues chaque année.
Les diplômes traditionnels voient leur valeur contestée par la montée en puissance de certifications courtes et spécialisées. Des métiers inconnus il y a dix ans se hissent aujourd’hui parmi les plus recherchés sur le marché du travail.
Ce qui change sur le marché du travail : comprendre les grandes tendances
Le travail change de visage sous nos yeux. La transition écologique s’accélère, l’intelligence artificielle s’installe partout et la population vieillit : trois moteurs qui rebattent les cartes en profondeur. La Dares le confirme déjà, certains métiers autrefois incontournables s’effacent face à l’automatisation. Employés de banque, comptables, caissiers ou secrétaires voient leur effectif diminuer, alors qu’ailleurs, de nouveaux postes apparaissent et certains secteurs prennent une longueur d’avance.
Quelques grandes dynamiques se détachent :
- Le numérique trace sa route et multiplie les occasions. France Stratégie prévoit une progression de 26 % des emplois d’ingénieurs informatiques d’ici 2030.
- La santé, le BTP, les services aux entreprises et l’environnement figurent parmi les secteurs les plus dynamiques, avec près d’un million de créations de postes attendues, principalement dans ces domaines.
La géographie du travail évolue aussi : de plus en plus, les régions du Sud et de l’Ouest (Occitanie, Pays de la Loire, Bretagne…) concentreront les nouveaux recrutements dans les secteurs porteurs.
À l’échelle européenne, McKinsey estime que 27 % des heures de travail pourraient être automatisées dès 2030. Impossible d’ignorer l’urgence de se réinventer côté compétences. Dell va plus loin, affirmant que 85 % des métiers de 2030 restent à inventer. L’intelligence artificielle ouvre la voie à de nouvelles spécialités : data scientist, expert IA, ingénieur machine learning, responsable de l’éthique de l’IA. Et les compétences techniques vieillissent vite : comptez un à deux ans pour leur obsolescence. Il faut donc accepter de composer un parcours évolutif, prêt à se transformer au fil des innovations.
Quels métiers d’avenir se démarquent vraiment ?
Dans ce paysage instable, certains métiers sortent du lot parce qu’ils répondent à des besoins concrets, urgents, ou inédits. L’essor de l’intelligence artificielle catapulte les data scientists, spécialistes IA et analystes en cybersécurité parmi les profils les plus convoités. Et ce n’est plus réservé aux entreprises tech : la sécurité des données, la gestion des risques et l’éthique deviennent centrales dans tous les secteurs. Le Digital Trust Officer, par exemple, veille à la fiabilité numérique, tandis que le responsable IA éthique s’assure du bon usage des algorithmes.
La santé, elle, garde un rôle de pilier. Face au vieillissement de la population et à l’arrivée de nouvelles pratiques médicales, la demande explose pour les infirmiers, les assistants médicaux ou les responsables de services de soins. Ces postes allient expertise technique et qualités humaines. Dans ce secteur, les innovations foisonnent : nouveaux modes de prise en charge, télémédecine, outils numériques pour les équipes médicales.
L’environnement et les énergies renouvelables s’imposent comme d’autres leviers de croissance. Les spécialistes du développement durable ou les ingénieurs en énergie verte sont recherchés pour piloter la transition écologique. Même le BTP se transforme : BIM managers et techniciens en automatisme pilotent la numérisation des chantiers et l’adaptation aux enjeux environnementaux.
Enfin, la formation digitale explose. Les spécialistes de la formation numérique et les coachs en reconversion sont désormais incontournables pour accompagner la transformation des métiers. Aujourd’hui, une compétence technique peut devenir obsolète en moins de deux ans : anticiper, diversifier ses savoir-faire, rester mobile, c’est la clé pour ne pas décrocher.
Zoom sur les secteurs qui recrutent et les compétences à acquérir
Le marché de l’emploi en France se diversifie. La santé reste un domaine en tension, les besoins explosent : infirmiers, aides-soignants, assistants médicaux, ambulanciers apparaissent en tête des recrutements envisagés pour les prochaines années. Cette mutation du système de soins, liée au vieillissement de la population, exige des profils à la fois techniques et capables d’empathie.
Dans le BTP et la construction, la transition écologique et la digitalisation des chantiers font grimper la demande pour les professionnels qualifiés : électriciens, plombiers-chauffagistes, ouvriers spécialisés, mais aussi pour les nouveaux métiers comme les BIM managers ou les techniciens en automatisme. Le secteur numérique, lui, ne fléchit pas. Développeurs web, data scientists, experts en cybersécurité, spécialistes IA et concepteurs d’outils digitaux s’imposent comme les valeurs sûres des années à venir.
Voici les secteurs qui recrutent et les compétences à privilégier :
- Environnement : ingénieurs énergie verte, experts en développement durable, techniciens environnement.
- Éducation et formation : formateurs, enseignants, coachs en reconversion qui accompagnent la montée en compétences.
- Communication et création : community managers, infographistes, assistants marketing qui accompagnent la digitalisation des entreprises.
Les qualités humaines prennent une place inédite face aux savoirs techniques. Résilience, créativité, capacité à résoudre des problèmes, leadership : ces soft skills font désormais la différence. Pouvoir apprendre vite, s’adapter, travailler en équipe devient déterminant. Alors que les compétences techniques se renouvellent sans cesse, il est indispensable de rester à jour, de maîtriser les outils du numérique et d’explorer les nouvelles technologies, comme la réalité virtuelle ou l’analyse de données.
Où trouver les ressources pour se former et s’adapter aux métiers de demain ?
La formation continue s’impose comme le fil conducteur pour rester dans la course. De nombreux dispositifs structurent cet univers en France. France Travail, par exemple, référence près de 70 000 formations qualifiantes, certifiantes ou courtes, couvrant des domaines aussi variés que la cybersécurité, la gestion de projet ou la transition écologique. Les reconversions s’accélèrent, portées par la nécessité d’acquérir de nouvelles compétences dans des secteurs qui mutent à grande vitesse.
Les organismes spécialisés, tels que la Grande École du Numérique, favorisent la montée en compétences digitales : cursus intensifs, bootcamps, formations à distance, ateliers immersifs. Le secteur privé enrichit l’offre avec des plateformes comme Topformation, Wardy ou Teachizy, chacune proposant des parcours sur mesure dans la data science, la gestion de projet agile ou la transition verte.
Voici les principales options pour se réorienter ou renforcer ses acquis :
- Reconversion professionnelle : accompagnement individualisé, bilans de compétences, validation des acquis de l’expérience.
- Formation professionnelle : catalogue en ligne, certifications, tutorats, alternance, micro-formations adaptées à chaque rythme.
Pour tirer son épingle du jeu, l’agilité reste le meilleur atout : veille active sur son secteur, échanges avec des pairs, mentorat ou participation à des conférences spécialisées. Les régions du Sud et de l’Ouest mettent en place des dispositifs locaux pour faciliter l’accès aux métiers porteurs et encourager l’innovation pédagogique. Les formats de formation se diversifient, entre présentiel, distanciel ou hybride, ce qui multiplie les possibilités pour celles et ceux décidés à viser les métiers de demain.
Le travail change, les métiers évoluent, mais la capacité à apprendre et à se transformer restera le vrai moteur du choix de demain.


