Une entreprise sur deux lève le pied quand il s’agit d’embaucher. C’est le verdict sans détour de l’enquête menée par l’INSEE en avril 2017 auprès de 10 000 sociétés opérant dans la construction, les services et l’industrie. Sur ce terrain miné, le secteur industriel fait figure de champion des obstacles : deux entreprises sur trois dans la construction, près d’une sur deux dans l’industrie, pointent du doigt des freins tenaces. Cette résistance au recrutement s’explique, en premier lieu, par une atmosphère d’incertitude persistante. Mais l’alerte la plus retentissante vient du manque de candidats qualifiés. Le marché de l’emploi ressemble parfois à un terrain vague, où la main-d’œuvre spécialisée se fait rare. À cela s’ajoute le coût du travail, qui pèse comme une enclume sur le dynamisme des embauches.
Pour illustrer ces difficultés, voici ce que mettent en avant les entreprises quand elles évoquent la création de postes :
- L’absence de profils adaptés, qui freine la dynamique de croissance
- Le coût de la main-d’œuvre, qui grève les marges de manœuvre
- Les contraintes réglementaires, souvent imbriquées avec le climat économique incertain
Le constat est plus rude encore pour celles qui citent la pénurie de compétences. Près de la moitié des employeurs concernés voient leur développement se heurter à ce mur invisible. À l’inverse, ceux qui évoquent le coût du travail ou les règles du jeu administratif ressentent un impact moindre, même si l’effet d’entraînement reste réel.
Un point de bascule mérite d’être souligné : le recrutement des cadres, lui, affiche une progression remarquée. Plus 5 % en un an, 50 % de mieux par rapport à 2013 selon Le Monde. Les profils qualifiés, eux, continuent de tirer leur épingle du jeu, mais l’équation reste fragile.
Sur le front du numérique, le constat dressé par Les Echos est limpide : la révolution industrielle digitale bouleverse la donne. Les spécialistes de l’informatique sont désormais les perles rares. Les difficultés de recrutement, déjà bien ancrées aux États-Unis, en Allemagne ou au Royaume-Uni, gagnent du terrain en France. Les entreprises qui cherchent à intégrer ces compétences se heurtent à une pénurie qui n’a plus rien de marginal.
Face à ce défi, la prise de conscience s’accélère. Il devient urgent de repenser la formation des jeunes actifs pour anticiper les besoins à venir, notamment du côté des métiers de l’informatique et du numérique. La mutation s’impose : s’adapter ou reculer.
L’État, de son côté, tente d’ajuster le tir : révision des dispositifs de rémunération, assouplissement des conditions de licenciement… Des mesures qui, même si elles ne constituent pas le principal frein à l’embauche, pourraient soulager la machine. Un plan d’investissement de 57 milliards d’euros pour la formation est d’ailleurs annoncé, avec l’ambition de réduire le fossé entre les besoins des entreprises et le vivier de talents disponibles.
Au cœur de ce paysage en mouvement, HUMANAE s’attelle chaque jour à identifier les compétences recherchées et à accompagner les entreprises dans leur expansion sereine. L’enjeu : transformer le recrutement en accélérateur, et non plus en frein, pour ceux qui veulent avancer.


