Pour commencer cette nouvelle année, je voulais vous parler de l’émotion que je vois le plus souvent à la maison : la peur. Malheureusement, l’une des émotions les plus à la mode. Et c’est souvent le plus grand obstacle que je vois dans la recherche d’emploi.
1) La peur du ridicule
Personne n’apprécie de se sentir exposé au ridicule. Que ce soit lors de l’envoi d’un CV, d’une lettre de motivation ou d’une sollicitation pour un entretien, la crainte de ne pas être pris au sérieux nous colle à la peau.

Sauf si vous réalisez une vidéo de candidature si extravagante qu’elle devient virale pour les mauvaises raisons (on a tous vu des exemples), vous ne risquez en général rien. Soyons concrets : même en envoyant le CV le plus raté du siècle à un recruteur, il ne s’amusera pas à l’afficher sur son mur pour le lancer en pâture, ni à prévenir tous ses collègues pour vous barrer la route. Le plus probable ? Aucun retour, pas même une réponse. Le vrai risque, c’est l’oubli, tout simplement. Et on s’en remet, croyez-moi.
2) La peur du non
Au-delà du ridicule, le refus nous touche de près. Un non, ça bouscule, ça met un coup à la confiance, ça fait mal. Ce n’est pas une gêne diffuse, c’est une claque directe.
Pourtant, il y a des raisons de prendre du recul. D’abord, le non dépend souvent du contexte et du moment. J’ai vu des candidats recevoir une fin de non-recevoir, puis trois mois après, pour le même poste resté vacant, décrocher un entretien. Dans la majorité des cas, un refus n’est qu’une question de timing ou de circonstances. On ne vous ferme pas la porte définitivement, juste pour cette fois, à cet instant précis.
Ensuite, c’est une question de persévérance. Chaque non vous rapproche d’un oui. Les refus font partie du jeu, ils sont même nécessaires : rares sont ceux qui obtiennent satisfaction dès la première tentative. Si chaque refus vous permet d’ajuster votre stratégie, alors chaque échec devient une marche vers votre but.
3) Peur de déranger
Un autre frein revient sans cesse : la peur d’être envahissant. Relancer un recruteur, appeler sur son portable, envoyer son CV une seconde fois… autant de démarches qui suscitent des hésitations.
Et cette peur se manifeste très souvent à l’idée de décrocher son téléphone. Pourtant, parfois, c’est le seul moyen d’avancer. Je prépare d’ailleurs un article entier sur l’art d’utiliser le téléphone dans la recherche d’emploi.
Vouloir respecter l’autre est une qualité. Mais ici, cette peur est infondée. Si un recruteur est dérangé, c’est à lui de gérer son agenda. Votre démarche ne met rien en péril. Si votre message est pertinent, il ne sera pas perçu comme importun. Au pire, vous tombez au mauvais moment, rien de dramatique.
Pire encore, cette peur se retourne contre vous. Elle s’entend dans votre voix, elle transparait dans votre attitude, et l’interlocuteur le sent. Exemple courant : cette fameuse phrase « Je me permets de… ».
Non seulement cette formule n’a rien de vraiment poli, on s’accorde à soi-même une permission imaginaire,, mais elle a été usée jusqu’à la corde par les plateformes d’appels commerciaux.
Quand on décroche et qu’on entend : « Bonjour Madame, j’aimerais vous contacter pour… », la méfiance s’installe immédiatement. Il m’est déjà arrivé de raccrocher rien qu’à cause de cette entrée en matière. On reconnaît aussitôt la tentative de vente cachée.
Faites-vous une faveur : bannissez ce genre de formules. Allez droit au but, simplement, sans détours inutiles.
4) La peur de faire
Ce blocage mériterait un article entier. Au départ, c’est celui que j’avais prévu d’aborder aujourd’hui. Beaucoup butent sur le passage à l’action, parfois pour des raisons difficiles à expliquer. Pourtant, « fait vaut mieux que parfait ». Ce qui est accompli, même imparfait, vous fera toujours avancer.
N’attendez pas d’avoir un CV idéal pour le transmettre, ne repoussez pas votre candidature en espérant que les planètes s’alignent. J’ai vu des personnes peaufiner leur CV si longtemps que l’offre disparaissait avant qu’elles aient osé postuler.
Autre exemple : le syndrome de la relance sans fin. « J’ai passé l’entretien lundi, c’est vendredi, est-ce trop tard pour relancer ?… J’attends lundi prochain ?… Non, plutôt vendredi suivant ? » Et à force de tergiverser, la relance n’a plus aucun effet.
Il est plus confortable de rester dans la réflexion que de basculer dans l’action. Autour de moi, combien rêvent de créer leur entreprise ? Et combien se lancent vraiment ? Agissez. N’attendez pas de tout optimiser : la quête du mieux peut vous faire rater l’opportunité. Misez sur la rapidité d’exécution, pas sur la perfection. Il vaut mieux postuler à temps que d’arriver trop tard après des semaines d’hésitation.
5) La peur de la hiérarchie
Il y a aussi cette crainte d’approcher quelqu’un qu’on estime trop haut placé. Le PDG, par exemple, paraît souvent inaccessible.
Et pourtant, plus une personne se situe dans la hiérarchie, plus elle risque d’accorder attention à votre demande… si elle la reçoit. Il faut toutefois garder en tête que gravir les échelons expose au filtre des assistants ou secrétaires : il faut donc doser.
Mais si vous parvenez à joindre directement la personne, vous aurez parfois plus de chance qu’en passant par les niveaux intermédiaires. Les individus, quels que soient leur titre ou leur rang, savent faire preuve d’ouverture. Et au sommet, ils disposent de plus de moyens d’agir, même s’ils ne décident pas sur-le-champ.
6) Peur d’être différent
Ne suivez pas une voie par simple mimétisme. Ne devenez pas consultant parce que c’est la tendance autour de vous. Le choix d’un métier doit correspondre à votre désir profond, pas à la pression de l’entourage.
Je connais quelqu’un dont le rêve secret est de vendre des frites sur une plage du Brésil. Qu’est-ce qui l’empêche vraiment de tenter sa chance ?
Si, au fond, vous aspirez à travailler auprès des chevaux alors que vous avez étudié les RH, tout ce que vous entreprenez devrait vous rapprocher de ce projet. Travailler dans les RH pour préparer la suite, c’est une stratégie ; le faire juste pour contenter les autres ou répondre à une attente sociale, c’est se trahir soi-même.
7) La peur de soi
En parallèle, il est indispensable de savoir ce que l’on souhaite réellement. Beaucoup ne trouvent pas leur voie non pas à cause d’un manque d’informations sur le marché, mais parce qu’ils n’ont jamais fait le point sur leurs propres aspirations.
La peur de se connaître en profondeur, de regarder en face ses envies, est fréquente. On craint de découvrir des désirs qui ne correspondent pas aux normes ou à ce que la société attend de nous. Pourtant, se voiler la face ne mène nulle part : mieux vaut savoir ce que l’on vise.
Un exemple concret : la dernière fois que j’ai fait le bilan, j’ai réalisé que j’aimais profondément écrire et transmettre. À partir de là, j’ai remodelé mon parcours. J’ai arrêté de me dire « ce n’est pas possible parce que je ne suis ni journaliste ni professeur » et j’ai cherché à m’en approcher, jusqu’à intégrer une structure où je peux écrire et former, chaque semaine.
Même si votre rêve semble irréaliste, savoir où il se trouve vous donne une direction. On ne touche peut-être jamais le nord, mais avoir une boussole reste un allié précieux.
En finir avec l’immobilisme
Fixez un cap, tentez le mouvement, osez l’inconfort de l’action. Nike disait : faites-le. Facebook encourageait à aller vite, quitte à bousculer l’ordre établi. Rien ne vaut l’expérience du terrain. En fin de compte, la vraie clé, c’est de cesser de rester spectateur de sa propre vie.








